Un projet minier menace l’un des réservoirs d’eau les plus importants d’Europe

Communiqué de Presse – 28 Août 2018


Les autorités suédoises interpelées alors que la Semaine mondiale de l’eau s’ouvre à Stockholm.

Mardi 28 Août 2018, Genève Suisse –– Green Cross Suède, Green Cross International et le collectif local Urbergsgruppen Grenna-Norra Kärr, accusent le projet minier du groupe Tasman Metals AB d’être dangereux pour la santé publique et pour le lac Vättern, l’une des sources d’eau douce et potable les plus importantes d’Europe. Le projet Norra Kärr représente une menace trop importante pour être autorisé. Toutes les activités doivent cesser, y compris les forages prospectifs et la collecte d’échantillons de minerais. L’application des codes environnementaux suédois et européens devraient suffirent à empêcher la concession d’exploitation.

Si le projet était autorisé, nous demandons que la société civile joue un rôle réel dans la revue et l’approbation de l’étude d’impact sur l’environnement (EIE) actuellement menée par Tasman Metals AB, avant que celle-ci ne soit remise aux autorités suédoises en charge des activités minières. Cette EIE devra également faire état des dommages déjà causés pendant la phase de prospection et rendre entièrement public leurs propositions pour prévenir tout risque pour la santé publique et réduire l’impact environnemental des opérations. Nous recommandons qu’une analyse des risques plus approfondie qu’une simple EIE soit faite et qu’elle fasse notamment état des problèmes locaux liés à la mine et des produits chimiques relâchés.

Tasman Metals AB, la branche suédoise du groupe canadien Leading Edge Materials Ltd, tente depuis 2009 d’obtenir une concession d’exploitation auprès de l’Autorité d’inspection des mines suédoises, en vue d’extraire des terres rares (ETR) dans des zones aussi proches qu’1,5 kilomètre du lac Vättern.

Après avoir obtenu mais aussitôt perdu la concession en 2016, suite à la procédure d’appel menée par le collectif local, Tasman Metals AB a repris des activités prospectives et relancé une demande de concession. Le groupe a foré à plusieurs endroits malgré l’impact avéré des forages de prospection.

Les futures activités porteront préjudice à l’intégrité du lac puisque des substances toxiques et radioactives peuvent filtrer dans les eaux souterraines et polluer les nappes. Le Lac Vättern fournit approximativement 250 000 personnes en eau potable, dans 11 communes. 8 autres municipalités, soit bientôt 250 000 personnes supplémentaires, sont en train de se raccorder au réseau du lac.

La présence de quelque 5500 tonnes d’armes relâchées au fond du lac par le biais d’activités militaires constitue un potentiel risque supplémentaire pour la santé des populations et l’écosystème du lac. Le cas a été présenté en mars 2018 par le docteur Hans Sanderson, Directeur de recherches au sein du Département des sciences environnementales de l’Université d’Aarhus et conseiller du Danish Center for Energy and the Environment (DCE), lors d’un événement organisé par Green Cross Suède sur la protection du Lac Vättern. Le collectif environnemental Urbergsgruppen Grenna-Norra Kärr et plusieurs parlementaires locaux sont intervenus en soutien du Dr Sanderson.

Avocate en environnement Gunilla Högberg Björck

Selon Gunilla Högberg Björck, la juriste (cabinet GBH Environmental Law) ayant représenté les ONGs et les citoyens lors de la procédure contre le projet de Tasman Metals AB auprès de la Cour suprème administrative suédoise en 2016, “Si les codes environnementaux suédois et européens sont appliqués dans leur totalité Tasman Metals AB ne devrait pas obtenir les permis d’exploitation pour leurs activités minières, quelque soit le niveau de détails de l’étude d’impact sur l’environnement. Si l’autorisation est néanmoins donnée, la concession autorisera Tasman à forer, utiliser des explosifs et épuiser les ressources naturelles de la région pour les 25 ans à venir”.Le groupe a jusqu’au 28 septembre 2018 pour soumettre une étude d’impact sur l’environnement élargie, couvrant désormais une surface de 10 kilomètres carrés autour de la mine, et non pas seulement la zone de l’ouverture de la mine.

Il est de plus en plus impératif, alors que notre planète est confrontée aux conséquences du changement climatique – telles que la sécheresse et les incendies forestières que la Suède a subies cet été – que nous préservions nos écosystèmes aquatiques pour les générations futures. Les eaux du lac Vättern sont froides, profondes et d’une rare pureté, Ces qualités seront de plus en plus précieuses alors que les lacs moins profonds se réchaufferont, permettant la prolifération de microorganismes, d’algues et de bactéries à des niveaux dangereux pour l’homme, la faune et la flore. Pour toutes ces raisons, l’importance de protéger le lac Vättern doit être une absolue priorité.

Marie-Laure Vercambre, Directrice du programme L’Eau pour la vie et la paix de Green Cross International, apporte un éclairage plus large : “L’adoption d’un Objectif de développement durable (ODD) sur l’eau par la communauté internationale, et de plusieurs résolutions des Nations unies sur le droit humain à l’eau potable et à l’assainissement, reflète l’urgence de ces questions. Quelles mesures les Etats prendront-ils pour réaliser ces objectifs et droits humains ? Ce développement minier est-il compatible avec ces ambitions environnementales et de santé publique ?”.

Ce sentiment est partagé par Carina Gustafsson, qui dirige le collectif Urbergsgruppen Grenna-Norra Kärr : “Nous devons renforcer la protection de nos ressources en eau potable, sachant que le niveau des nappes a atteint un niveau historiquement bas et que la Suède et le monde “sont en feu”. Un approvisionnement sécurisé en eau potable relève de la survie et doit être une absolue priorité. C’est pourquoi nous supplions les autorités suédoises d’interdire la mise en oeuvre de projets industriels dangereux pour l’environnement tel que le projet Tasman Metal’s Norra Kärr, si près du lac Vättern, pour protéger et sécuriser nos précieuses ressources en eau potable”.

Le communiqué de presse original est accessible ici enAnglais et Français.

23ème année de Camps thérapeutiques pour les jeunes affectés par des catastrophes nucléaires

Les jeunes des camps thérapeutiques de la Croix Verte sur scène dans une pièce sur la Charte de la Terre – la pièce a été montrée à Uster, Winterthour, Zurich, Berne, Wimmis et Thoune.


Zurich, le 25 Julliet 2018

En parallèle aux camps thérapeutiques annuels organisés dans les différents pays partenaires de Green Cross, se tiendra le cinquième camp thérapeutique international en Suisse.

Ce camp thérapeutique est financé par la Fondation Movetia, soutenue par la Confédération suisse. Du 23 juillet au 10 août 2018, 55 jeunes de 14 à 17 ans originaires de Moldavie, d’Italie, du Japon, de Russie, de Suède, de Biélorussie, des Pays-Bas, d’Ukraine et de Suisse participeront au camp thérapeutique Green Cross d’Uster (ZH) et de Wimmis (BE) dont la devise est «À la rencontre du monde».

Au programme: le développement d’un projet théâtral consacré à la pollution de l’environnement sous la direction du metteur en scène Eugeniu Matcovschi, du théâtre national moldave Theatrul Satiricus. La pièce de théâtre traite de la Charte de la Terre et de l’insouciance prédominante envers la nature et l’être humain. La pièce sera jouée:

  • Lundi 30 juillet 2018 à 17h00 au Café «8610 im Stadtpark»
  • Mardi 31 juillet 2018 à 18h00 sur la Place du marché (Marktplatz) de Winterthour
  • Jeudi 2 août 2018 à 17h00 sur le Pont Gemüsebrücke de Zurich
  • Vendredi 3 août 2018 à 12h00 sur la Place du Grenier (Kornhausplatz) de Berne
  • Lundi 6 août 2018 à 19h00 dans la salle Aula de l’école Chrümig de Wimmis
  • Mercredi 8 août 2018 à 16h00 sur la Place Manor (Manorplatz) de Thoune

Les jeunes et les moins jeunes sont cordialement invités à ces représentations. L’entrée est libre.

Les camps thérapeutiques soutiennent les activités interculturelles, la santé et le sport, l’éducation à l’environnement et la capacité de communication. Dans les ateliers, les jeunes abordent des thèmes tels que l’Agenda 2030, le recyclage et les énergies renouvelables, et s’informent sur la situation dans d’autres pays. La gestion de la radioactivité au quotidien, la préparation des repas et l’importance des effets des radiations sur l’homme et l’environnement, ainsi que les nouvelles perspectives d’avenir, sont des thèmes phares du camp thérapeutique Green Cross. Dans cet ordre d’idées, ils visitent par exemple la ferme de découverte Juckerhof, près du lac de Pfäffikon, pour y récolter des baies. Cela pour illustrer comment par la consommation de fruits, la pectine peut être utilisée par l’organisme pour adsorber les radionucléides. Pendant le camp, les jeunes bénéficient d’un suivi médical et psychologique assuré par l’équipe médicale. De plus, leur taux de radioactivité corporel est mesuré au début et à la fin du camp thérapeutique.

Les jeunes apprennent comment ils peuvent renforcer leur système immunitaire grâce à la sélection et la préparation des repas, l’activité physique et des thérapies simples, et à mettre à profit leurs acquis à domicile. Pour un grand nombre de participants, le camp est une opportunité unique de rencontrer des jeunes de leur âge venant d’autres pays et de découvrir de nouvelles cultures. L’expérience des camps précédents montre que des amitiés
porteuses naissent grâce au camp.

Le camp thérapeutique de cette année en Suisse, que la Fondation Movetia a financé pour la promotion des échanges culturels, résulte du cœur du programme Médecine sociale de Green Cross Suisse dédié à la santé et à la formation. Depuis 1995, Green Cross Suisse propose aux enfants et aux jeunes de passer ces 4 semaines dans un camp thérapeutique. Pour mieux s’implanter localement, ces camps ont lieu dans des espaces préservés et non contaminés en Moldavie, en Russie, en Biélorussie et en Ukraine. Le soutien médical et psychologique, ainsi qu’une alimentation équilibrée pendant 4 semaines, permettent aux jeunes de renforcer leur système immunitaire et de diminuer de jusqu’à 80% le taux de radioactivité présent dans leur corps.

Pour en savoir plus sur les anciens camps de thérapie Green Cross, cliquezici.

Ce rapport a été publié à l’origine sur le site de laGreen Cross Suisse.